Granules prix 2026 : du sac de 15 kg au cout du kWh

Fin août 2026, le prix des granulés de bois s’établit autour de 429 € la palette de 66 sacs de 15 kg, soit 0,43 € le kilo, et 393 € la tonne en vrac, selon les relevés Proxi TotalEnergies et Selectra des 25 et 26 août. Ce tarif ne dit rien du coût de chauffe : seul le prix du kilowattheure le révèle.
Ce marché se lit à trois échelles distinctes, le sac, la palette et la tonne livrée, avec des tarifs du granulé qui ne se comparent jamais directement. Ajouter la livraison, le rendement de l’appareil et la qualité du combustible change le classement des offres. La méthode qui suit ramène toutes ces variables à une seule unité comparable.
Le prix des granulés fin août 2026, format par format
Trois conditionnements coexistent en France. Le sac de 15 kg acheté à l’unité en grande surface ou en négoce sert de dépannage. La palette, le plus souvent 66 sacs pour 990 kg, constitue l’achat courant d’un propriétaire de poêle. Le vrac, soufflé dans un silo par camion, s’adresse aux chaudières et aux consommations élevées.
| Format | Prix relevé fin août 2026 | Source citée |
|---|---|---|
| Sac de 15 kg à l’unité | 6,63 € | Proxi TotalEnergies, 26 août 2026 |
| Palette de 66 sacs (990 kg) | 429 €, soit 0,43 €/kg | Proxi TotalEnergies, 26 août 2026 |
| Sac de 15 kg, fourchette magasin | 5 à 7 € TTC | Selectra, 25 août 2026 |
| Vrac, moyenne nationale | 393 € la tonne | Selectra, 25 août 2026 |
| Vrac, amplitude entre villes | 369 à 432 € la tonne | Selectra, 25 août 2026 |
Ces montants s’entendent hors transport dans la plupart des cas. Le même relevé Proxi TotalEnergies du 26 août 2026 chiffre la livraison d’une palette entre 35 et 61 € selon la commune, et de 0 à 70 € pour une livraison en vrac. Une offre affichée 15 € moins chère à la palette peut donc coûter davantage en prix livré, une fois le camion arrivé devant le portail.
Le tarif d’une enseigne de bricolage obéit encore à une autre logique : volumes d’appel, opérations de fin d’été, retrait par le client. Comparer un sac pris en rayon avec une palette livrée à domicile fausse le raisonnement, puisque la manutention et le transport changent de main. Le seul chiffre comparable reste le prix au kilo rendu sur place.
Du prix au kilo au coût du kilowattheure

Un kilo de granulé ne vaut que par la chaleur qu’il libère. La certification ENplus A1, adossée à la norme ISO 17225-2, encadre cinq caractéristiques qui décident de cette chaleur :
- un pouvoir calorifique inférieur d’au moins 4,6 kWh par kilo ;
- une humidité inférieure ou égale à 10 % ;
- un taux de cendres inférieur à 0,7 % ;
- un taux de fines inférieur à 1 % ;
- une durabilité mécanique d’au moins 98 %.
Ce plancher de 4,6 kWh/kg sert de base de calcul prudente, puisqu’un lot conforme fait souvent mieux.
La conversion tient en deux divisions. Un prix de 0,43 € le kilo divisé par 4,6 kWh donne environ 9,3 centimes le kilowattheure d’énergie contenue. Ce résultat ne représente pas encore la chaleur livrée dans la pièce : le rendement de l’appareil, souvent situé entre 85 et 92 % sur les modèles récents, remonte le coût du kilowattheure utile aux alentours de 10 à 11 centimes.
Le même calcul appliqué au vrac à 393 € la tonne descend à 8,5 centimes le kilowattheure contenu, soit près d’un centime de moins que le sac. Sur deux tonnes consommées dans la saison, l’écart se compte en dizaines d’euros. Il reste modeste au regard des autres énergies.
L’association Propellet publie chaque trimestre un indice qui ramène toutes les énergies de chauffage à cette unité commune. Son relevé du deuxième trimestre 2025, publié le 12 septembre 2025, donne le classement suivant.
| Énergie | Prix relevé (centimes d’euro par kWh) |
|---|---|
| Granulé en vrac | 7,50 |
| Granulé en sac | 7,56 |
| Fioul domestique | 11,54 |
| Gaz naturel | 13,31 |
| Propane | 17,65 |
| Électricité | 26,71 |
L’indice Propellet du quatrième trimestre 2025 situe le granulé autour de 8 centimes le kilowattheure, pour un vrac livré aux environs de 370 € la tonne, un sac de 15 kg entre 5,50 et 6 € et une palette de 65 sacs entre 360 et 400 €. Les niveaux relevés fin août 2026 se tiennent au-dessus de cette référence, pourtant mesurée en pleine saison de chauffe. Les deux méthodes de relevé diffèrent, l’ordre de grandeur, lui, reste comparable.
Ce qui creuse l’écart entre deux devis
La géographie explique l’essentiel. Le relevé Proxi TotalEnergies du 26 août 2026 chiffre la palette à 372 € à Nantes, 380 € à Bordeaux, Toulouse et Montpellier, 404 € à Strasbourg, 409 € à Lille et 431 € à Paris. Selectra mesure le même phénomène sur le vrac au 25 août 2026 : 371,69 € la tonne en Bretagne contre 425,63 € en Île-de-France, deux régions séparées par une cinquantaine d’euros à la tonne.
Six variables suffisent à reconstituer un écart de cet ordre :
- la distance entre l’usine de granulation et le point de livraison, qui pèse sur un produit lourd et peu cher au kilo ;
- la quantité commandée, une palette isolée coûtant plus cher au kilo que trois palettes livrées ensemble ;
- le conditionnement, le sac ajoutant l’ensachage, le film et la palette perdue ;
- la période de commande, le tarif se tendant à l’entrée de l’hiver ;
- les conditions d’accès, hayon, rue étroite, longueur de tuyau de soufflage ou portage à l’étage ;
- la qualité annoncée, essence, certification et taux de fines n’ayant pas le même coût de production.
La fiscalité, elle, ne joue aucun rôle dans ces écarts. Le bois de chauffage façonné, granulés compris, relève du taux réduit de 10 % prévu au 3° bis de l’article 278 bis du code général des impôts, sans variation géographique. Un vendeur qui justifie un tarif élevé par une taxe locale invente.
Sac, palette ou vrac : ce que chaque format impose

Le sac à l’unité
Le sac isolé reste le format le plus cher au kilo : 6,63 € pièce dans le relevé Proxi TotalEnergies du 26 août 2026, contre 0,43 € le kilo en palette, soit 6,45 € pour la même masse achetée en gros. L’écart paraît dérisoire sur un sac, il devient significatif sur une saison entière. Ce format garde une utilité réelle : finir un hiver plus long que prévu sans engager une nouvelle palette.
La palette livrée
La palette de sacs demande environ un mètre carré au sol et un abri sec. Attention au piège du comptage : certains distributeurs vendent des palettes de 65, 66 ou 70 sacs, ce qui déplace le tarif affiché sans rien dire du prix réel. Une palette de 70 sacs affichée 441 €, tarif relevé chez un négociant en août 2026, revient à 0,42 € le kilo, moins cher qu’une palette de 66 sacs à 429 €. La division par la masse totale reste le seul arbitre.
Le stockage se joue à la livraison. Un granulé qui reprend l’humidité gonfle, se délite et bloque l’alimentation, ce qui transforme une économie de quelques euros en panne d’appareil. Quatre conditions suffisent à préserver le lot jusqu’au printemps :
- un local couvert et ventilé, jamais une bâche posée sur une dalle extérieure ;
- une palette surélevée du sol, le film d’origine arrêtant le ruissellement mais pas la condensation ;
- une distance raisonnable avec l’appareil, pour éviter de traîner les sacs à chaque remplissage ;
- des sacs ouverts au fur et à mesure, le reste du lot restant filmé.
Le vrac en silo
Le granulé en vrac exige une installation dédiée : un silo d’environ 4 m³ pour deux tonnes, atteignable par un tuyau de soufflage d’une trentaine de mètres depuis le camion. Le minimum de commande se situe couramment à 2 tonnes, parfois 1,5 tonne selon les distributeurs. En contrepartie, Selectra chiffrait au 25 août 2026 un gain de 5 à 10 % à la tonne face au sac, sans manutention ni palette à évacuer.
Ce format convient aux chaudières et aux gros volumes. Les appareils encastrés, dont les contraintes sont détaillées dans notre article sur l’insert à granulés, embarquent au contraire un réservoir réduit et imposent un réapprovisionnement fréquent. Le rythme d’alimentation et l’autonomie réelle découlent du dosage décrit dans notre dossier sur le fonctionnement d’un poêle à granulés.
La certification, variable cachée du prix au kWh

Trois référentiels se partagent le marché français : la marque NF Biocombustibles solides granulés, d’origine française, DINplus, d’origine allemande, et ENplus, européenne, adossée à la norme EN ISO 17225-2. Propellet indique que 97 % de la production française est certifiée par l’un de ces trois systèmes. ENplus contrôle toute la chaîne, de la fabrication à la livraison, et attribue un numéro d’identification à chaque entreprise certifiée, quand DINplus se concentre sur le producteur.
Cette distinction a un effet direct sur le prix au kWh réellement payé. Un lot chargé en poussière fait chuter la masse utile du sac, encrasse le brasier et oblige à des nettoyages plus fréquents. Un taux de fines élevé se paie donc deux fois, en énergie perdue et en temps d’entretien. Le raisonnement vaut aussi pour l’humidité : chaque point au-dessus du seuil de 10 % ampute le pouvoir calorifique.
Un écart de quelques dizaines de centimes par sac disparaît dès que le rendement recule de quelques points. Le mécanisme est le même que celui décrit dans notre analyse du rendement d’un poêle à bois : la valeur annoncée sur l’étiquette suppose un combustible conforme et un appareil propre. Vérifier le numéro de certification imprimé sur le sac coûte dix secondes et sécurise l’essentiel.
Acheter au bon moment : la saisonnalité du tarif

Selectra situe la fenêtre d’achat favorable entre mai et août, quand la demande retombe, et note une tension des prix pendant la saison de chauffe, d’octobre à mars. Cette saisonnalité n’a rien d’anecdotique : elle a atteint des proportions spectaculaires lors de la crise énergétique. Une question écrite au Sénat de la sénatrice Pascale Gruny, publiée le 20 octobre 2022, relevait une tonne passée en moyenne à 600 € TTC en juillet 2022 contre 400 € TTC en janvier de la même année.
Le marché s’est depuis normalisé, sans revenir aux niveaux d’avant-crise. Le bilan publié par Propellet le 7 avril 2026 décrit une production française d’environ 2,3 millions de tonnes pour l’année 2025, répartie sur plus de 70 usines, dont 4 nouvelles unités mises en service en 2025 pour près de 300 000 tonnes de capacité supplémentaire. La consommation, elle, approche 2,8 millions de tonnes.
Cet écart entre production et consommation se comble par l’importation, ce qui relie le tarif français au coût du transport et aux marchés voisins. La demande d’équipements alimente la tendance : toujours selon Propellet, 128 000 poêles à granulé ont été vendus en 2025, en hausse de 36 % sur un an, et 8 060 chaudières, en hausse de 13,5 %. Chaque appareil installé ajoute une consommation annuelle au marché.
Le creux estival garde donc son intérêt, à condition de disposer d’un stockage sain. Commander en juillet pour entasser des sacs dans une cave humide revient à payer moins cher un combustible dégradé.
Traduire le prix en budget annuel de chauffe

Le raisonnement devient concret dès que la consommation entre dans l’équation. Deux tonnes de granulé représentent 9 200 kWh d’énergie contenue au plancher normatif de 4,6 kWh/kg. À 393 € la tonne en vrac, tarif relevé par Selectra le 25 août 2026, la facture combustible s’établit à 786 €. La même quantité achetée en palettes à 429 € les 990 kg, tarif Proxi TotalEnergies du 26 août 2026, revient à 867 €, soit environ 81 € de plus.
Sur cette base, les leviers de réduction se hiérarchisent d’eux-mêmes. L’ADEME rappelle qu’un degré de chauffage en moins réduit la consommation d’environ 7 % et recommande 19 °C dans les pièces occupées. Appliqué au budget calculé plus haut, ce seul degré vaut près de 55 € par saison, davantage que la remise obtenue en changeant de fournisseur.
Trois postes s’ajoutent au combustible et échappent souvent au calcul initial :
- l’entretien annuel de l’appareil par un professionnel qualifié, qui conditionne le maintien du rendement ;
- le ramonage du conduit, obligation distincte : le décret du 20 juillet 2023 impose un nettoyage au moins tous les douze mois pour un appareil individuel, avec remise d’une attestation, comme le détaille notre article sur la fréquence de ramonage exigible ;
- les pièces d’usure, résistance d’allumage et joint de porte en tête, dont le remplacement revient à intervalles réguliers.
Reste la consommation électrique des auxiliaires, vis, ventilateurs et allumage, marginale face au combustible mais bien réelle. Les appareils qui s’en affranchissent, décrits dans notre article sur le poêle à granulés sans électricité, échappent à ce poste sans rien changer au prix du sac.
Les pièges qui font payer le granulé trop cher
Les erreurs coûteuses se répètent d’une saison à l’autre :
- comparer un tarif départ dépôt avec un tarif livré, différence qui atteint 61 € sur une palette selon le relevé Proxi TotalEnergies du 26 août 2026 ;
- raisonner au sac plutôt qu’au kilo, alors que les palettes comptent 65, 66 ou 70 sacs selon les marques ;
- retenir une offre nettement sous le marché sur un site créé récemment, exigeant un virement bancaire et sans adresse vérifiable ;
- acheter un lot présenté comme premium sans numéro de certification imprimé sur le sac ;
- stocker la palette à l’extérieur sous une simple bâche, où la condensation ruine le combustible ;
- attendre novembre pour commander, au moment précis où la demande culmine.
Une septième erreur, plus discrète, consiste à choisir un fournisseur éloigné pour quelques euros d’écart affiché. Le transport se facture au kilomètre, et un granulé bon marché à 300 km revient rarement moins cher qu’un granulé correct à 40 km.
Prochaine étape : relever le prix livré au kilo chez trois fournisseurs de la même zone, le diviser par 4,6 kWh pour obtenir des centimes par kilowattheure, puis commander avant la fin de l’été. Les écarts constatés fin août 2026 entre régions dépassaient 50 € la tonne, soit le coût d’un entretien annuel.